Les courbes canétoises sont nées de l’imagination de créateurs. Ces architectes et artistes ont donc défini à quoi ressemblent nos villes. Le temps de 4 épisodes, la Gazette revient sur ces personnages qui façonnent le temps…
L'esplanade de Victor Vasarely

Sur une année, ce sont des centaines de milliers de personnes qui foulent le sol de cette partie du baladoir. Cette esplanade, différente du reste de la promenade, a inspiré dans les années 80, Victor Vasarely, qui n’est rien de moins que le père fondateur du « Op Art » (ou art cinétique).

Car n’importe quelle personne qui s’est rendue à Canet arrive à visualiser les œuvres qui ornent le baladoir de la ville. Ces polygones aux couleurs différentes et le sol qui varie avec ses tâches noires et blanches, qui surprennent, questionnent ou fascinent. Si l’on demande qui en est l’auteur et quelle est la signification de ces signes, il est difficile d’y trouver une réponse !

L’art cinétique

Mais qui est Victor Vasarely ? Ce personnage, né à Pécs (Hongrie) en 1906, est un artiste tout à fait singulier dans l’histoire de l’art du XXe siècle. Accédant à la notoriété de son vivant, il se distingue dans l’art contemporain par l’aboutissement exceptionnel auquel il a conduit la peinture abstraite géométrique, sous le nom de cinétisme (art qui joue avec le mouvement, les illusions d’optique, etc. De nombreuses techniques englobent ce style). En 1955, son « Manifeste jaune », qui théorise l’art optique et cinétique, devient une véritable institution pour ce domaine. Ses expositions sont visibles partout dans le monde. En 1965, Victor Vasarely participe à l’exposition «Responsive Eye» (New York) qui consacrera l’Op Art.

Une partition consacrée à la nature

La signification de cette immense œuvre canétoise trouve sa réponse à Aix-en-Provence, dans la Fondation Vasarely, née en 1976. Ce centre d’art contemporain est un laboratoire de rencontre et de recherche pour les artistes, les architectes et les ingénieurs. Car selon Vasarely, c’est seulement en équipe et en corps de métiers qu’un travail créateur est possible. La Fondation explique : « D’un côté, l’esplanade de Canet se présente comme une partition musicale qui se dévoile progressivement en superposant des motifs noirs sur un fond blanc. Face à elle, le flux et reflux des vagues donne la rythmique et la musicalité de la nature. Les passants se retrouvent entre ces deux forces, où les formes géométriques répondent aux formes de la nature, au milieu d’une composition visuelle, artificielle et naturelle, qui l’invite à se projeter sur un ailleurs. » La nature prend donc une large place dans l’art de Vasarely. Fouler le sol du baladoir revient alors à marcher sur une partition musicale. Une musique jouée par la mer et le vent de Canet.

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