Ils ont fait le tour du monde, monté les plus hauts sommets du monde… Il y a des Canétois qui se retrouvent dans la commune après avoir vécu plusieurs vies ! Rencontre avec des personnes pas comme les autres.

Henri Sigayret, une vie de sommets

Avec son humour bien trempé et un esprit franc, l’alpiniste Henri Sigayret, qui a habité au pied de l’Everest pendant plus de 20 ans, côtoie aujourd’hui le sable et la mer de Canet. Cet homme à la vie bien dense s’est confié à la gazette. Rencontre avec un homme pas comme les autres :

Né à Banyuls dels Aspres, Henri grandit dans un « village catalan à l’ancienne » jusqu’à ses 10 ans. Très attaché à ce territoire, il ira pourtant poser ses valises du côté de Grenoble. L’appel de la montagne ne lui viendra pas du Canigou mais ce seront les Alpes qui deviendront ses premiers terrains de jeu et qui verront ses pas vers les sommets. « A l’école, j’étais un cancre de très haut niveau ! J’ai un bac moins 2 ! », s’amuse-t-il à répéter tout au long de la rencontre.


La montagne, cet endroit propre et honnête

Le sport lui servira de défouloir mais l’homme n’est pas un adepte de la compétition et c’est donc vers l’escalade qu’il se tourne tout naturellement. Il découvre alors le monde de l’alpinisme : « J’ai beaucoup aimé une phrase de Gaston Rebuffat qui dit que l’on entre en alpinisme comme on entre en religion. » La montagne se révèle être pour lui être un lieu propre, honnête et franc. L’alpinisme doit rimer avec éthique. Henri se délecte de cette solitude : « La montagne était un endroit solitaire où l’on devait se dépasser ! Mais si je devais me mettre à un sport aujourd’hui, je ferai de la voile. La montagne est trop fréquentée de nos jours. » En dehors de cette passion, Henri se marie jeune, se remet aux mathématiques et travaille dans l’ingénierie des matériaux.

Et il gravira de nombreux sommets ! Parmi eux, il y en a une dont l’histoire est tristement célèbre. Henri accède au sommet de l’Annapurna 29 ans après la première ascension de Herzog. Cet exploit connaîtra cependant la perte de son compagnon de route Yves Morin, qui le prit en photo au sommet. Une photo immortalisée en une de Paris Match. Henri ressort de cet exploit consterné par l’attitude des journalistes…


Que la nouvelle vie commence !

Au détour d’une expédition au Népal et une fois à la retraite, Henri ne se doute pas qu’il va commencer sa nouvelle vie. Lors d’une expédition, il tombe sous le charme d’une Sherpani. Les 33 ans qui les séparent ne les empêchent pas de se marier et de donner naissance à un fils à 4000 m d’attitude. Parti pour quelques mois, il restera au Népal 23 ans. Là-bas, il vit avec la misère mais il est heureux de voir tous ces sourires au quotidien. Là-bas, le Français veut se rendre utile, il crée des écoles, s’entoure d’une nouvelle famille, se lance dans des expéditions…

Mais le caractère bien trempé de Henri le rattrape ! Auteur de 20 livres, il y en a un dont le sujet ne plaît pas aux autorités népalaises : « Le Népal était un pays avec un roi absolutiste et des castes privilégiées. J’ai fait un livre sur la guerre civile au Népal. On m’a bien prévenu que j’étais dans un pays où tout n’était pas bon à dire mais je ne pouvais pas me taire… »

La pression se fait forte et Henri se voit obligé de quitter le pays. Revenu dans une terre catalane qu’il ne reconnaît plus vraiment, l’alpiniste se retrouve à Canet face à la mer mais quelques sommets restent en vue, avec les Albères en toile de fond. « J’ai fait ma vie, sourit-il. Maintenant, place aux jeunes ! »

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