Les courbes de nos maisons sont nées de l’imagination de créateurs. Ces architectes et artistes ont donc défini à quoi ressemblent nos villes. Le temps de 4 épisodes, la Gazette revient sur ces personnages qui façonnent le temps…
Oeuvre de Jacques Poussine sur la façade de l'immeuble Safari

Une chasse au trésor

Le saviez-vous ? Si vous aimez les chasses aux trésors, la ville peut devenir un véritable terrain de jeu pour quiconque aime l’art et le mystère. Dans la ville, une quinzaine de bâtiments arborent des œuvres d’art, qu’elles soient sur les façades d’immeubles ou à l’intérieur, dans les halls ou loggia. Toutes viennent de Jacques Poussine, un artiste qui a un temps vécu à Canet. Des pleins et des déliés pour des formes organiques et un certain rapport à la végétation se succèdent au fil des œuvres. On peut sentir dans ses grandes décorations murales, qui peuvent atteindre plusieurs mètres de long, une certaine sensibilité amérindienne voire surréaliste. À chacun d’en faire son interprétation.

 

Enfant rebelle

Jacques Poussine est né en 1923 à Albi. Enfant rebelle, il se retrouve exclu de quelques écoles avant de finir chez les Jésuites. « Il en éprouvera une haine de la religion catholique », nous explique Pat Rowland, une vieille amie de l’artiste qui a travaillé un temps avec lui. Après ses études, l’homme se dirige vers une formation de potier où il devient un excellent tourneur. Il travaille alors la terre rouge et crée son style. A partir du milieu des années 50, Jacques Poussine travaille au sein de la Coll de Sant-Vicens, à Perpignan. Il y côtoie de nombreux artistes dont Pierre Saint-Paul, un autre artiste qui connait bien Canet.

 

Son travail dans Canet

Mais où peut-on trouver toutes ces œuvres ? Jacques Poussine avait pour connaissance Pierre Philbert, un entrepreneur dans le bâtiment. Habilement, Jacques Poussine lui propose des œuvres en céramique pour les immeubles en construction. Ainsi, au fil des ans, de nombreuses pièces viendront s’implanter dans la ville. La plus grande se situe sur la façade de l’immeuble Safari, au port : « Jacques avait un four trop petit pour les grandes fresques, continue Pat Rowland. C’était beaucoup de travail ! » D’autres, plus discrètes, se trouvent à l’intersection des galeries Cassanyes/Capcir, mais aussi sur des bâtiments en front de mer ou du côté du port. Le style du céramiste est facilement reconnaissable avec ses couleurs, ses formes fluides, doté d’un accent oscillant entre figuration et abstraction.

Après un temps à Canet, Jacques Poussine se dirige vers Finestret, village dans lequel il organisera des ateliers culturels. Il fut un homme discret. Peu d’écrits demeurent à son sujet. Son œuvre est épars, disséminé. Le travail d’inventaire et historique ne fait que commencer…

A partir du 22 février, l’exposition « Modernisme à la plage » mettra en scène les architectes et artistes de la série « Dessine-moi Canet ». L’exposition se tiendra dans la Galerie des Hospices.

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